Le 11 mars 2020 démarrait une résidence de trois jours aux Instants Chavirés, où j’eus la chance d’essayer des trucs avec l’incroyable Ricardo Dias Gomes. Son issue devait être un concert au Non_Jazz qui n'eut malheureusement jamais lieu. Car ces trois jours furent ceux du premier resserrement, où l'on compris que quelque chose clochait pour de bon.
Pourtant, alors que le monde se claquemurait, que les frontières devenaient étanches (Ricardo, résidant au Portugal, ne savait même pas s'il pourrait rentrer chez lui), nous tentions : de nous comprendre, de nous connaître, de faire ensemble. Dans cette improbable ambiance d'apocalypse pandémique.
Nos dispositifs réduits se complétaient sans peine – une guitare basse, quelques pédales et un petit synthétiseur yamaha pour lui ; un enregistreur à bande nagra E, deux microphones et des petits bidules pour moi –, la musique en coulait avec facilité. L'expérience était bien trop étrange et angoissante pour que nous apprécions entièrement la situation, mais il me semble que nous réussîmes à nous trouver, naturellement.
Ces fragments issus de diverses sessions improvisées sont à mes oreilles tous géniaux ; pourtant, ils n'ont jamais été édité et ce malgré plusieurs tentatives, et c'est dommage.
Ricardo, ce fut un honneur de pouvoir faire de la musique avec toi. Nous nous retrouverons un jour pour rompre la malédiction, j'en suis sur.
Et puis : merci Maxime et Jérémie pour la connexion, aux Instants pour l’accueil !